Fiche ouvrage
 
Code : 10905
Titre : Madame Bovary. La Censure et l'Oeuvre.
Auteur : FLAUBERT (Gustave).
Edition : Rouen, Coédition Alinéa, E. Brunet, Point de Vues, 2007.
Année : 2007
Format : Un volume de 490 pp. sur Vergé de Rives 170 g. pour le texte, accompagné d'une plaquette de 64 pp. sur le même papier: Madame Bovary : la censure et l'oeuvre. Notice d'Yvan Leclerc, lettres de Flaubert, note inédite de Flaubert à maître Senard, reproductions de pages manuscrites, extraits du réquisitoire, de la plaidoirie et des arrêtés du jugement.
Reliure : Broché sous emboîtage, couvertures vertes à l'identique de l'édition originale.
Prix : 120 €uros
Observations : Exemplaire sur vergé de Rives, tiré à 150 exemplaires, comme le grand-papier de l'édition de 1857. Du 1er octobre au 15 décembre 1856, la Revue de Paris publie dans six numéros consécutifs un roman inédit, Madame Bovary. Cette Revue a exigé de son auteur des coupes et censuré certaines scènes. S'en sont suivis un procès pour outrage aux bonnes moeurs et à la morale publique et religieuse puis un acquittement. Dès qu'il reçoit l'un des volumes de l'édition originale en avril 1857, Flaubert, désireux d'éterniser la bêtise du Censeur, reporte une par une les corrections exigées et commente la suppression imposée de quelques scènes-clés : la noce, les comices, le fiacre, le pied-bot. Il procède très minutieusement. Au crayon d'abord, il met les passages concernés entre crochets ; il barre d'un trait horizontal les fragments courts, d'une croix de Saint-André les plus longs. Puis, à l'encre, il encadre presque toujours le morceau visé et, quelquefois, il repasse à la plume sur les rayures au crayon. Paradoxe de la rature, ce qui immédiatement saute aux yeux, c'est la violence de la mutilation : parce que le Censeur transforme le mot raturé en trait saillant, lui donnant une force qu'il n'avait pas initialement dans le corps du texte. Et c'est presque une autre Madame Bovary que l'on découvre, une Bovary décolorée, aseptisée, une Bovary de bon goût, enfin acceptable, privée de son “immoralité” supposée : immoralité de mot - tout ce qui touche à la chair, à la physiologie est épinglé par le Censeur - immoralité de situation, comique de caractère atténué. Premier écrivain sans doute dans l'histoire littéraire à inscrire rétrospectivement dans le corps même du livre l'un des moments douloureux de sa genèse, Flaubert montrait volontiers cet exemplaire-témoin à ses amis. Cent cinquante ans plus tard, grâce à ce fac-similé, son objectif est désormais atteint : faire sortir la censure du cadre privé du manuscrit afin que la postérité puisse juger.
Sources :
Catégories : LITTERATURE du 19 au 20 ème;LITTERATURE NORMANDE;FLAUBERT;
   








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